Il doit y avoir horreur sur la
personne...Part3...
.....encore?....., à l’époque où on tirait des boulettes de papier mâché avec toutes les sarbacanes improvisées qui nous tombaient sous la main. Elle était toujours au
premier rang, et moi, au fond, ce qui faisait d’elle ma cible préférée, puisque la plus éloignée. J’ai toujours été bon au tir. Comme quoi, il n’y a pas de hasard ! Elle, par contre, elle voulait
être écrivain. On fait pas ce qu’on veut…Ca ne m’empêchait pas de me faire engueuler et par les profs et par elle à la récréation. Mais c’était là le seul moyen que j’avais trouvé pour qu’elle
accepte de me parler. Si on pouvait appeler ça « parler »…Maintenant, c’est elle qui me file des rencards…C’est pas beau la vie !? Elle est là, au bout du comptoir, comme à son habitude…Dans un
petit tailleur à vous filer des fourmis dans les yeux…
- Salut !
- Tiens ! Le lieutenant Poulard daigne venir parler à une
petite journaliste !
- Ne soit pas idiote ! Tu sais très bien que je suis
obligé de suivre le protocole. Et de toutes façons, je ne suis pas venu pour te parler de cette affaire et tu le sais très bien !
- Ah, non ? Et de quoi es-tu donc venu me parler alors
?
- Je ne sais pas. C’est toi qui m’as invité à boire un
café…
Mouchée !! Ca fait du bien quand même, ces petites revanches que la vie nous
offre sur de pompeux plateaux d’argent, content…
- Ben…disons que j’avais peut-être envie qu’on parle
d’autre chose que des chiens écrasés…
- Tu sais, je n’ai pas beaucoup le temps de parler
chiffons, si c’est cela que tu attends de moi. J’attends un coup de fil du proc d’un instant à l’autre.
J’adore sa façon de tortiller ses cheveux et d’éviter mon regard quand elle est
gênée…Et là, ce sont des scoubidous qu’elle est en train de nous faire !! Et j’ai l’impression d’être une gorgone !...
- Tu prends un café serré sans sucre, comme d’habitude
?
- Oui. Je vois qu’on t’en a appris des choses à l’école
de journaliste…
- Ca ne s’improvise pas. Gilles, tu sers un
restritto à Franck, s’il te plaît.
- Merci…alors ?
- Alors, quoi ?
- Alors, de quoi tu voulais me parler
?
- De tout et de rien. De toi, par exemple. Toujours le
loup solitaire que je connais ? Ou bien la petite libraire va finir par avoir raison de ton vœu de chasteté ?
- En voilà une question indiscrète ! Et comment tu sais
ça, toi d’abord ?
- Disons, qu’entre femmes…Et disons qu’elle sait qu’on se
connaît depuis pas mal d’années, donc…Elle a fini par me demander si tu étais gay…et je dois dire que je me suis pas mal amusée à la laisser plus ou moins dans le doute…
- Pardon ?? Ben, c’est la meilleure, on n’a pas le droit
d’être célibataire sans tout de suite être soupçonné de ne pas aimer les femmes…Et son petit égo n’a pas pensé qu’elle ne me plaisait pas. Et puis en quoi ça te regarde ??
- Disons, que si tu étais gay, j’aurais l’air d’une pomme
si je t’invitais à dîner demain soir…
…ben, ça, c’est moi qui doit avoir l’air d’un con maintenant…Tiens, un frisson
!...
- Et pourquoi cette soudaine attention à l’égard de ma
petite personne ??
- Arrête de jouer à l’imbécile. Des années que dure ce
petit jeu !
- Quel petit jeu ?
- Tu vois, tu continues ! Je ne te plais pas ? Tu as
quelque chose à me reprocher ?
- C’est pas la question !
- C’est quoi, la « question » ??
- C’est tout simplement que je ne voudrais pas d’une
veuve.
- Et qui t’a parlé de te marier ? Ou de mourir
?
- Mon astrologue. D’ailleurs, il utilise le même terme
pour les deux, c’est drôle, non ?!
- Très drôle, en effet !!
- Ah…Je suis désolé mon biper. Ce doit être le procureur.
Je dois te laisser.
- C’est toi qui vois. Je
t’attendrais à huit heures au Rembrandt. Et, une dernière chose, ils ne laissent pas rentrer les mecs qui ne sont pas rasés,
alors…......................................................................................................
Ce qu'ils en pensent les gens?